L'irrigation
Le bassin versant qui alimente la Camargue en eau est délimité par les deux bras du Rhône, et par la mer. Il a la forme d'une gouttière aplatie, évasée vers la mer, et son fonctionnement hydraulique constitue ce que l'on appelle le «système Vaccarès». En effet, l'étang du Vaccarès, le plus vaste plan d'eau de Camargue, draine les eaux par gravité. Un réseau d'étangs secondaires, salés ou saumâtres, complète le système d'écoulement : les Etangs Inférieurs. Ils communiquent entre eux, avec le Vaccarès et avec la mer.

Le système Vaccarès
Jusqu'en 1850, le système Vaccarès fonctionne naturellement, alimenté par l'alternance saisonnière des périodes de pluies et de sècheresse. S'ajoutent à ces phénomènes généraux deux influences antagonistes : les crues hivernales du Rhône constituent un apport d'eau douce, tandis que les tempêtes marines imprègnent le delta d'eau salée.
De 1856 à nos jours, de nombreux aménagements ont conduit progressivement à une artificialisation totale du système hydraulique :
· Endiguement du Rhône
· Endiguement du littoral
· Installation de canaux d'irrigation, de fossés de communication (roubines), de stations de pompage, de vannages, etc. permettant de contrôler les niveaux dans la plupart des plans d'eau.
Les conséquences des aménagements
Ces réalisations ont été effectuées principalement dans le but d'améliorer le rendement agricole. Les bassins culturaux de l'Est du delta ne sont pas équipés de pompes d'évacuation vers le Rhône et déversent l'intégralité des retours d'irrigation dans le Vaccarès. Cet apport d'eau douce est limité par des pompages à l'Ouest mais une partie transite encore vers l'étang, ce qui contribue à modifier ses caractéristiques chimiques (baisse de la salinité).
Les variations temporelles et spatiales de la salinité et du volume des plans d'eau entraînent peu à peu des déséquilibres écologiques. Parmi d'autres aspects, deux exemples peuvent les illustrer.
· L'introduction d'eau, au printemps et en été, pour les besoins des salines et des rizières, inversent les biocycles, réglés auparavant en fonction des crues hivernales du Rhône. C'est le cas pour certains invertébrés, qui ne peuvent plus se multiplier normalement pour profiter aux flamants.
· La désalinisation progressive du Vaccarès, consécutive aux retours d'irrigation, engendre une banalisation des biotopes*. C'est toute la richesse biologique de Camargue qui est menacée. La Réserve Nationale ne participe pas à la gestion des eaux de drainage qu'elle reçoit de la périphérie. Elle subit donc un régime hydrique et salin imposé qui rend difficile une préservation optimale de sa biodiversité exceptionnelle.





